Le Qatar ne veut plus avoir affaire aux compagnies pétrolières qui se détournent des énergies fossiles. Suite à cette décision, les autorités ont dressé la liste des entreprises pétrolières à punir, dont fait partie TotalEnergies.

Dans ce petit Etat de la péninsule arabe, on goûte peu la vogue des énergies décarbonées, et encore moins le fait que les plus grandes entreprises pétrolières mondiales se détournent des énergies fossiles pour plaire aux consommateurs, aux écolos et aux bobos. TotalEnergies joue en effet un jeu dangereux : l’entreprise a annoncé investir environ 3,5milliards d’euros dans les renouvelables et l’électricité en 2022. En outre, l’entreprise estime également que le gaz représentera 50 % de leur mix de vente à horizon 2030, laissant ainsi très peu de place au pétrole. En plus de cela, TotalEnergies compense l’empreinte carbone de sa relation client, en mettant en place l’e-facture pour éviter l’usage du papier – et lorsque l’entreprise a annoncé éteindre l’éclairage intérieur après fermeture des bâtiments, ce fut la goutte de pétrole qui a fait déborder le baril.

Abdullah Bin Hamad Al-Attiyah, dirigeant de Qatar Petroleum et ministre qatari de l’Énergie, s’explique : “nous sommes très déçus des agissements de TotalEnergies et de leur dirigeant. Qu’ils ne tiennent pas leur promesses ne nous étonne guère ; cependant, je pensais que Patrick Pouyanné serait fidèle à ses valeurs. De plus, ils camouflent une partie de leur bilan carbone en omettant le scope 3. Pour une compagnie pétrolière, ce serait comme admettre qu’ils ne sont pas fiers de leur activité et des émissions qu’elle génère.”

L’intéressé est en effet très inquiet : les bénéfices de l’entreprise n’ont été que de 10,2 milliards d’euro au premier semestre 2022. “Je pensais que la situation en Ukraine nous permettrait de dépasser les 15 milliards”, se plaint Patrick Pouyanné, “et perdre l’alliance avec le Qatar est dangereux pour nos actionnaires. Il poursuit : « de plus, nous avions un partenariat de greenwashing, avec la construction d’une centrale solaire de 800 MW au Qatar. Je crois bien que, cette fois, j’ai poussé le bouchon un peu loin.”

Il ajoute : “Nous avons essayé de les récupérer en présentant tous les avantages du projet EACOP : ce sont tout de même plus de 34 Mtonnes CO2eq chaque année, un oléoduc chauffé enterré de 1 443 km, et des milliers de familles déplacées”. Hélas, malgré ces arguments solides, le ministre qatari de l’Énergie refuse : “en-dessous de 500gCO2eq/kWh, on ne peut plus l’autoriser, cela serait trop peu polluant.” Selon des sources sérieuses et concordantes, les entreprises Shell et la British Petroleum seraient également menacées.

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